jeudi, juin 15, 2006

jeudi 8 juin - Le Soir demande au bourgmestre de faire un "pas de côté"

Le Soir 8 juin 2006

Des adresses fictives ?

La révélation des domiciles fictifs de Roger Leclère, ancien président de la section locale du PS et ancien conseiller CPAS, semble délier les langues à Saint-Josse. Les noms d'élus ne résidant pas effectivement sur le territoire de la commune circulent de toutes parts. Parmi eux les échevins PS Charles Uyttendaele et Josée Vandenbemden. Leurs noms ont notamment été cités par La Dernière Heure mercredi.

Selon plusieurs sources, Charly Uyttendaele, échevin des classes moyennes, ne résiderait pas rue Amédée Lynen mais rue Ortélius (face au square Marguerite), sur le territoire de la Ville de Bruxelles. « Je suis domicilié rue Lynen mais j'habite rue Squailquin , commente l'échevin. Et je dispose d'une cave à vin rue Ortélius. » Des photos en notre possession montrent pourtant le nom de Charles Uyttendaele sur la boîte aux lettres et la sonnette de l'immeuble de la rue Ortélius. Il a aujourd'hui disparu mais le nom de son épouse y figure toujours.

Plainte contre X
Selon les rumeurs, Josée Vandenbemden habiterait quant à elle à Uccle, rue Papenkasteel. « C'est l'adresse du bureau de mon mari !, assure l'échevine. J'ai une maison rue Vonck. J'y paye mon prêt hypothécaire, mes factures de gaz et d'électricité. J'habite bien là. »

Du côté du CDH (opposition), des noms circulent aussi. Comme le conseiller Ibrahim Erkan, soupçonné de vivre à Woluwe-Saint-Lambert. Il justifie la situation par des problèmes personnels. « Ses explications nous semblent plausibles , commente Eric Jassin, chef de groupe CDH. Nous ne voyons pas de raisons de l'exclure. La loi ne prévoit pas le nombre de minutes par jour où l'on doit vivre dans un appartement ! »

Eric Jassin aussi est visé par la rumeur. « Dès 1998, j'ai subi ce genre de calomnies, explique-t-il. Des contrôleurs sont venus fouiller jusque dans mes poubelles ! Aujourd'hui, ça recommence. Alors que j'habite bien place Saint-Josse. » Eric Jassin déplore le climat de délation. « Je préfère me battre avec des idées qu'à coups de rumeurs... »

Jean-Demannez, le bourgmestre, dénonce lui aussi cette ambiance. Il porte plainte contre X pour atteinte à la vie privée. Selon la DH, Roger Leclère aurait été domicilié chez lui, il y a 20 ans. À cette époque, Leclère ne disposait pas de mandat. « Seuls certains agents communaux ou la police peuvent disposer d'informations aussi précises », regrette Jean Demannez. Concernant les domiciles des deux échevins cités : « devant les rumeurs, je charge la police zonale de mener un contrôle afin de vérifier les faits. »

Philippe Moureaux, président de la Fédération bruxelloise du PS, n'a pas souhaité réagir ce mercredi.

Anne-Cécile Huwart


Le Soir 8 juin 2006

Saint-Josse, où l'on bafoue les règles du logement

Jean Demannez, bourgmestre socialiste de la commune bruxelloise de Saint-Josse, est furibard. « Certains écrits et commentaires me rappellent l'époque du maccarthysme », lance-t-il dans un communiqué diffusé mercredi. Du nom de cette époque où, aux Etats-Unis, les autorités menaient une chasse aux sorcières à l'égard des communistes.

Depuis le début de la semaine, dans la plus petite entité de la capitale, la plus pauvre du Royaume aussi, les « révélations » se succèdent. Elles irritent son maïeur, au risque de lui faire perdre les pédales. Elles causent quelques soucis à Philippe Moureaux, président de la fédération bruxelloise du PS, d'autant plus que celui-ci s'est engagé fortement dans les affaires touchant son parti à Charleroi.

Tout commence dimanche avec des révélations concernant Roger Leclère. Président de la section locale du PS, celui-ci dispose d'un logement fictif à Saint-Josse. Dans les faits, il réside à Molenbeek. Suite à un entretien avec Philippe Moureaux, l'homme démissionne mardi de sa fonction. Il conserve la présidence de la société de logement social Habitat à bon marché.
Mercredi, la Dernière Heure révèle que Roger Leclère a été domicilié... dans une demeure appartenant au bourgmestre Jean Demannez. In tempore non suspecto, entre 1985 et 1995. « M. Leclère ne disposait, à cette époque, aucun mandat » , se défend le maïeur. Qui riposte en déposant plainte contre X pour atteinte à sa vie privée. « Seuls certains agents communaux ou de la police ont accès aux données citées avec une telle précision », argumente Jean Demannez.
Dans la commune, des langues se délient. Venimeuses. Elles laissent entendre qu'un véritable système de domiciliations fictives existerait dans la commune. Plusieurs échevins disposeraient de domiciles fictifs. Le nom de Josée Vandenbemden et Charles Uyttendaele, tous deux PS, ont été cités. Ils démentent, se justifient sur base de leur vie privée. « Devant les rumeurs, je charge la police zonale de mener un contrôle afin de vérifier les faits », dit le maïeur.

Des logements préférentiels
Ce n'est pas tout. Ecolo, dans l'opposition, a aussi sorti ses griffes. Ahmed Moussin, conseiller communal, affirme que les procédures d'attribution des logements n'ont pas toujours été suivies, notamment dans le cadre de rénovations soutenues par un contrat de quartier. Un fonctionnaire communal et la mère d'un échevin auraient obtenu un logement rénové alors qu'ils n'étaient pas prioritaires, dit-il.

Jean Demannez ne dément pas. Il confirme : plusieurs fonctionnaires communaux sont dans le cas. « Les procédures d'attribution des logements sont mal faites, je me fous de les contourner », dit-il au Soir . Il s'agit d'un « acte politique », précise-t-il. « Il faut arrêter de créer des ghettos ». La veille, il se justifiait : « Ce n'est pas évident de trouver 27 élus compétents dans une commune grande comme un mouchoir de poche. J'estime que pour qu'ils restent, il faut les aider. »

Anne-Cécile Huwart et Olivier Mouton



Le Soir 8 juin 2006

Un bourgmestre qui « contourne » doit s'en aller

Le PS bruxellois a du souci à se faire. Et son président, Philippe Moureaux, doit se ronger les ongles, lui qui s'était érigé en chevalier blanc d'une formation enfoncée dans des scandales à répétition. Il demandait à ses « amis » carolos de faire un « pas de côté », le voilà à son tour au prise avec des pratiques contestables.

Ce qui se passe à Saint-Josse, la plus petite commune bruxelloise, n'est certes pas comparable aux dérives graves constatées à Charleroi. On ne parle pas ici d'argent détourné ou de mandats aux rémunérations démesurées. Un système d'amitiés politiques s'est toutefois mis en place, en marge de la légalité ou de l'éthique.

Le président de la section locale du parti, Roger Leclère, occupait un logement fictif. La réponse a été rapide : pressé par Philippe Moureaux, il a démissionné de son poste. Depuis, d'autres rumeurs ont vu le jour. Des échevins seraient également concernés par de telles domiciliations virtuelles. Le bourgmestre socialiste, Jean Demannez, a promis une enquête, tout en dénonçant, courroucé, une forme de « maccarthysme ».

Mais ce n'est pas tout. L'opposition écologiste s'est, elle, étonnée de procédures d'attribution de logements non respectées, confirmant le sentiment d'un tel « système ». Réplique d'un bourgmestre ulcéré : « Les procédures d'attribution des logements sont mal faites, je me fous de les contourner ! » Oui, reconnaît-il, plusieurs fonctionnaires communaux ont eu un accès privilégié à un logement. Parce que la commune est petite et chère, justifie-t-il. Et qu'il convient d'aider ceux qui veulent la gérer.

Un responsable politique qui tient de tels propos n'a plus sa place à la tête de la commune qu'il se doit d'administrer en toute équité. Il ne peut y avoir d'estompement de la norme « à la marge », qu'il soit justifié par une « nécessité » de gestion ou par un souci de mixité sociale dans les logements, un autre argument récurrent du PS.

En politique, si les règles sont mauvaises ou inadaptées, il faut se battre pour les changer. Pas les contourner par la bande. Jean Demannez s'est trompé de stratégie. S'il ne peut en convenir lui-même, d'autres « camarades » se devraient de lui expliquer.

Olivier Mouton


Saint-Josse

Domiciles fictifs

Inconnu à cette adresse...

Notre excellent confrère de la RTBF Baudouin Remy a révélé que Roger Leclere, le président de la section du PS de Saint-Josse, disposait de deux domiciles fictifs dans la commune dans le but d'exercer ses mandats politiques. Il n'habite donc pas à Saint-Josse mais à Molenbeek. Or, Roger Leclere est conseiller CPAS, ce qui lui impose d'habiter dans la commune du bourgmestre socialiste Jean Demannez... Dans un premier temps, l'intéressé a décidé de se démettre de son poste de conseiller. Mardi, à la suite d'une réunion avec Philippe Moureaux, il a dû démissionner de la présidence de la section de Saint-Josse. Selon la "DH", les élus ten-noodois semblent préférer d'autres communes: ainsi, Josée Van Den Bemden, l'échevine de la population a sa résidence principale à Uccle et l'échevin des Classes Moyennes Charles Uyttendaele à la Ville de Bruxelles.

(Tribune de Bruxelles 08/06/2006)