jeudi, juin 15, 2006

jeudi 8 juin - Simonet s'en mêle, l'échevin MR risque sa place

Enquête sur le domicile de deux échevins

Saint-Josse: Moureaux et Demannez attendent les résultats au sujet d'Uyttendaele et de Van Den Bemden

SAINT-JOSSE Hier matin, nous révélions que Roger Leclère, ex-président de la section de Saint-Josse du PS, a usé d'un logement fictif de 1985 à 1995 dans la maison appartenant au bourgmestre actuel Jean Demannez (PS). Pour ce dernier, «bien sûr qu'il habitait chez moi au 14, rue de la Limite, écrit-il dans un communiqué. Au troisième étage, dans un appartement indépendant et parfaitement équipé». Ainsi, le mayeur socialiste rejette l'accusation de logement fictif. «À cette époque, M. Leclère ne détenait aucun mandat ni de conseiller au CPAS, ni de président des HBM, ni de président de la section locale du PS» La divulgation des antécédents domiciliaires de M. Leclère n'a pas plu à Jean Demannez qui a décidé de porter plainte contre X.

Pour ce qui est des deux échevins, Charles Uyttendaele et Josée Van Den Bemden, que nous disions loger fictivement à Saint-Josse, «je charge la police zonale de mener un contrôle afin de vérifier les faits». Les conclusions de cette enquête sont également attendues par le président de la fédération bruxelloise du PS. Pour Philippe Moureaux, si «les domiciles ne sont pas réels, les deux échevins devront démissionner». Mais, ajoute le patron des socialistes bruxellois, «entre les accusations et la réalité, il y a parfois un fameux problème. J'imagine en tous les cas que l'enquête sera menée avec toute la diligence requise». Charles Uyttendaele, lui, se défend d'habiter rue Ortélius à Bruxelles-Ville: «C'est la maison de mon père. J'y possède simplement ma cave à vin!».

Interrogé sur l'octroi arbitraire de logements à des fonctionnaires communaux «parce que les procédures d'attribution sont mal faites» (dixit Jean Demannez dans le Soir d'hier), Geoffrey Clerckx (MR-LB), échevin en charge de la Gestion des propriétés communales, explique que c'est une politique délibérée de la commune. «Le collège essaie d'installer des fonctionnaires à Saint-Josse afin d'assurer une certaine mixité sociale.»

Pour le chef de file des libéraux bruxellois, Jacques Simonet, ce qui se passe à Saint-Josse est choquant. «La conduite du bourgmestre est déroutante. Il semble s'asseoir sur la loi. En termes d'image, quel est le signal qu'il veut donner au citoyen? Si j'étais encore ministre-président, il serait aujourd'hui dans mon bureau. Et d'ajouter que si jamais l'échevin Clerckx était impliqué d'une manière ou d'une autre dans des attributions irrégulières de logements, il y aurait des sanctions. Je ne me gênerai pas, moi!»

K. F. et M. K.
La Dernière Heure 08/06/2006