jeudi, juin 15, 2006

vendredi 9 juin - Pour Moureaux, tout baigne à Saint-Josse

Saint-Josse : la ligne de défense de Philippe Moureaux

Bousculé par les révélations survenues à Saint-Josse et les déclarations surprenantes de son bourgmestre Jean Demannez (Le Soir d'hier), Philippe Moureaux, président de la fédération bruxelloise du PS, affirme qu'il a la situation sous contrôle. Et maintient sa confiance au maïeur. Écolo, par la voix de la députée fédérale Zoé Genot et du conseiller communal Ahmed Mouhssin, estime que « la population de Saint-Josse et les nombreux citoyens qui respectent les lois méritent des excuses ». Voici l'argumentaire de Moureaux.

Le cas Leclère.
Le président de la section locale du PS à Saint-Josse était domicilié fictivement dans la commune. « C'était quelqu'un dont la compétence était reconnue de tous, il a commis une erreur et c'est fait, il a démissionné » , clame Philippe Moureaux.

D'autres domiciliations fictives ?
Les noms de deux échevins PS, Charles Uyttendaele et Josée Vandendembden, sont cités. Le premier habiterait effectivement à Bruxelles, la seconde à Uccle. Ils s'en défendent. « Une enquête est en cours, explique le vice-président du PS. J'espère que nous en aurons les résultats rapidement. Pour moi, c'est simple : si les résultats montrent clairement qu'ils n'habitent pas Saint-Josse, ils devront démissionner ; si tel n'est pas le cas, il s'agira d'une calomnie scandaleuse. »

Des logements publics attribués à des mandataires communaux.
Deux échevins sont là aussi concernés. Ils habitent des logements construits dans le cadre de contrats de quartier. « À l'époque où cela s'est fait, il n'y avait aucune règle qui interdisait à des mandataires d'occuper des logements de ce genre. Dans le code de bonne conduite des mandataires que nous avons adopté, c'est désormais interdit. Ce n'est donc pas une infraction mais cela ne pourrait plus se reproduire. J'ajoute, sur le plan des faits, que les deux mandataires en question, comprenant que cela était mal interprété, sont à la recherche d'un nouveau logement. »

Les déclarations de Jean Demannez au « Soir ».
« Les procédures d'attribution des logements sont mal faites, je me fous de les contourner ! », disait mercredi le maïeur de façon impétueuse. Il aurait précisé sa pensée à Philippe Moureaux. L'ordonnance concernant les contrats de quartier prévoit que ces logements doivent avoir une location sociale, mais leur loyer doit être calculé sur base du prix réel de la construction. « Vous arrivez à des logements dont les coûts sont tellement élevés qu'ils sont impayables, rapporte Philippe Moureaux. Jean Demannez m'affirme qu'il n'y avait de sa part aucune intention de ne pas respecter la législation. En ce qui me concerne, l'incident est donc clos. »

Nous maintenons cependant la teneur précise de ses propos. Selon Écolo, il a d'ailleurs fait des déclarations de la même nature à l'occasion de conseils communaux.

La veille, dans Le Soir de mardi, le bourgmestre de Saint-Josse affirmait : « Ce n'est pas évident de trouver 27 élus compétents dans une commune grande comme un pouvoir de poche. J'estime que pour qu'ils restent, il faut les aider. » « C'est très dangereux pour lui de dire ça, réagit Philippe Moureaux. Cela pourrait pousser certains à dire qu'il faut fusionner certaines communes. Ce n'est pas totalement faux, mais c'est un argument dangereux. » Cela ne révèle-t-il pas des pratiques plus douteuses ? « J'espère que non, que la loi est respectée partout », répond Moureaux. Ces propos ont, déjà, choqué la population.

Olivier Mouton
Le Soir 9 juin 2006


Affaires

Le PS régional n'entend pas tergiverser à St-Josse

Le bourgmestre Demannez réagit: il porte plainte pour atteinte à sa vie privée.Saint-Josse, la plus petite commune de Bruxelles, à son tour frappée par un scandale mettant en cause un bourgmestre socialiste? Pétard mouillé ou première étape d'une noria de révélations? Depuis la révélation par la RTBF que le président de la section locale et conseiller du CPAS Roger Leclere y avait un domicile fictif, plusieurs quotidiens sont allés plus loin en écrivant que ledit mandataire - qui a, rappelons-le, démissionné depuis lors - habitait chez Jean Demannez, l'actuel maïeur de Saint-Josse. Ce dernier aurait aussi déclaré qu'il se «foutait de contourner les procédures d'attribution des logements sociaux», visiblement énervé aussi par le fait que deux autres échevins n'habiteraient pas à leur domicile déclaré.

Dans l'oeil du cyclone, le bourgmestre n'est pas prêt à se laisser faire et a décidé de porter plainte contre X pour atteinte à sa vie privée. Jean Demannez reconnaît que M.Leclère a habité chez lui mais c'était, il y a 21 ans, dans un appartement séparé qu'il est, évidemment, en droit de lui louer. Mais ce n'est pas la raison de la plainte: en fait, pareille information n'a pu être donnée qu'avec l'aide de certains agents communaux ou de la police. Le maïeur entend faire la clarté sur la fuite. Enfin, il a chargé la police de zone de mener une enquête sur les domiciles des échevins qui se retrouvent aussi dans le collimateur.

Philippe Moureaux suit le dossier de près. «Jean Demannez m'a assuré qu'il n'avait pas tenu les propos qu'on lui prêtait sur le non-respect de la loi» a précisé le président des socialistes bruxellois à «La Libre». «Quant aux deux échevins mis en cause, j'attends moi aussi les résultats de l'enquête. Si le fait est avéré, ils n'ont d'autre issue que de démissionner mais, si par contre, il ne l'est pas, il y aura une contre-attaque judiciaire pour un cas manifeste de calomnie»...

Christian Laporte
La Libre Belgique Mis en ligne le 09/06/2006



Jean Demannez prié de «s'en aller»

Le Soir suggère au bourgmestre tenoodois de s'écarter suite à ses propos choquants, qu'il nie maintenant

SAINT-JOSSE Dans son édition d'hier, le journal Le Soir demandait au socialiste Jean Demannez, bourgmestre de Saint-Josse, de «s'en aller» suite aux déclarations qu'il avait faites la veille dans leurs pages. Il déclarait alors que «les procédures d'attributions des logements sont mal faites, je me fous de les contourner!» Ces propos ont évidemment fait beaucoup de bruit.La section locale tenoodoise, dans l'opposition, exige du PS et du MR le respect des règles par leurs troupes. Et de rappeler une nouvelle fois qu'on reproche au collège d'avoir attribué indûment des logements dans le cadre du contrat de quartier Houwaert à deux personnes (un fonctionnaire et la maman d'une échevine) qui n'entraient pas dans les conditions légales. «Le groupe Ecolo a déjà soulevé ce point au conseil communal, la réponse du bourgmestre avait été du même ordre que celle faite dans la presse», expliquait la tête de liste Zoé Genot.

Le président de la fédération bruxelloise du PS Philippe Moureaux a répondu qu'il attendait que l'enquête concernant les logements fictifs d'échevins dont nous avons parlé hier, pour prendre acte. Concernant les déclarations du bourgmestre, il a déclaré: «Jean Demannez m'a assuré qu'il n'avait jamais dit cela. Il a simplement fourni des éléments pour expliquer la complexité de l'attribution d'un logement dans le cadre d'un contrat de quartier. Je crois que cette déclaration est forte et sincère.»

On peut quand même s'étonner que Jean Demannez n'ait pas démenti plus tôt les propos relatés dans le Soir. En effet, avant-hier la DH faisait les frais d'un communiqué pour démentir l'information concernant le logement fictif de l'ex-président de la locale socialiste Roger Leclère au domicile du bourgmestre entre 1985 et 1995. Pourquoi ne pas avoir fait de même dans le cas de l'article du Soir publié le même jour?

Le chef de file des libéraux bruxellois Jacques Simonet a, lui, rappelé qu'il serait ferme dans cette affaire. «S'il y a eu des manquements dans le chef de l'unique échevin MR de la majorité tenoodoise, Geoffroy Clerckx, qui a en charge la Gestion des propriétés communales, je lui demanderai de faire un pas de côté. Je compte d'ailleurs le rencontrer le plus rapidement possible.»

Mateusz KukulkaLa Dernière Heure: 09/06/2006