dimanche, juillet 30, 2006

Les Pyramides - petit rappel historico-financier

Les Pyramides en faillite

Les 6.000 m2 sont aujourd'hui à l'abandon

SAINT-JOSSE Le Festival de l'Erotisme, la Foire du Livre, le Salon des Inventeurs: autant d'événements, et plus encore en terme de congrès et de soirées, qui ne pourront plus avoir lieu dans les Pyramides de la place Rogier. Le tribunal de Commerce de Bruxelles s'est prononcé le 25 avril dernier sur la faillite de la société de droit belge Loisirs Modernes, gestionnaire du lieu, vaste de 6.000 m2 et réparti sur 4 niveaux. Depuis, le site n'est plus que l'ombre de lui-même: la ligne téléphonique a été coupée, le site Internet mis hors ligne, la façade poussiéreuse...

Les Pyramides (une seule en fait) ont été inaugurées en 1993, sur les fondations du Mundaneum et du Musée de l'Automobile. Souvenez-vous: le premier a été transféré à Mons, le second au Cinquantenaire. Les espaces libérés vont être occupés par un centre de congrès, d'événements et d'expositions.

Pour ce faire, Loisirs Modernes rachète le bail emphytéotique que la Communauté française avait conclu avec la commune de Saint-Josse, propriétaire. Montant du loyer: 25.000 euros par an, plus des charges fixes importantes.

L'entrée (la pyramide de verre) confère un cachet au lieu: les Bruxellois font rapidement le parallèle avec la pyramide du Louvre, à Paris. Les années passent, le succès est là (30 événements par an).

Reste que Loisirs Modernes n'est pas très regardant à la qualité des lieux. Ils se dégradent. En 2000, dans nos colonnes, Florent Godin, gestionnaire, lançait un appel à Loisirs Modernes, mais aussi aux pouvoirs publics: «Maintenant, nous sommes à dix événements par an. Et l'année prochaine, le carnet de commandes est encore vide! Si quelqu'un ne prend pas le parti de rénover très vite les Pyramides, elles vont peut-être devoir fermer leurs portes!»

Aujourd'hui, celui-ci qui ne travaille plus pour les Pyramides reprend la parole: «Il y a eu des rénovations. Mais ce n'est pas suffisant. Cette faillite est dommageable pour le quartier et pour Bruxelles.»

«Des éléments du bail ont été modifiés, Loisirs Modernes ne pouvaient plus payer les propriétaires, nous renseigne Marcel Gillet, le comptable-fiscaliste en charge du dossier. Le litige avec la Communauté française a donc conduit à cette faillite. De toute manière, il y avait également un problème de rentabilité globale.»

Un curateur a donc été désigné. Il doit désormais faire la synthèse entre ce que le propriétaire historique, Saint-Josse, et bailleur, Communauté française, souhaite voir s'y développer. «Nous conservons notre droit de regard sur le devenir du site, confirme le bourgmestre Jean Demannez. Je ne cache pas que vu l'activité hôtelière tout autour, celui-ci pourrait lui être destiné. Mais cela doit s'intégrer dans un projet global de réaménagement de la place.»

Karim Fadoul
(© La Dernière Heure 21/06/2005)




SAINT-JOSSE

Les Pyramides de la place Rogier vont revivre

La commune de Saint-Josse vient de récupérer l'espace souterrain des pyramides de la place Rogier qui étaient la propriété de la Communauté française. La décision a été entérinée vendredi dernier au gouvernement de la Communauté.Pour rappel, la commune avait cédé en 1987 un droit d'emphytéose à la Communauté française portant sur un espace de 4800 m2 en dessous de la place Rogier. En 1991, la Communauté avait cédé pour partie son droit réel d'emphytéose à une société privée, Loisirs Modernes, afin qu'elle y installe un centre de congrès, d'expositions et d'activités à caractère culturel comme la Foire du livre. Mais on peut d'ailleurs se demander si le choix d'organiser un festival de l'Erotisme rentrait dans cette finalité culturelle. Du reste, la société privée est depuis tombée en faillite et le salon de la luxure se déroulera dorénavant dans les caves de Cureghem, à Anderlecht.

Grande salle des fêtes...

A la suite de l'accord, la commune est disposée à reprendre les surfaces cédées en abandonnant toute revendication financière à l'égard de la Communauté. Cet espace souterrain devrait, après rénovation, venir en appui des hôtels voisins de la place, pour l'organisation de congrès. Il pourra également servir aux communautés culturelles de Bruxelles qui ont souvent besoin de grandes salles, loin des riverains, pour l'organisation de fêtes. Par ailleurs, la place sera également rénovée. -

(Tribune de Bruxelles n° 153, Page 2, paru le 2005-12-15)


Urbanisme

Un accord a été trouvé entre la commune et la Région

Compromis autour de Rogier

La Région gérera la surface de la place, la commune le sous-sol. Smet aura son concours d’architecture, Demannez fera des économies.

La commune de Saint-Josse souhaitait que la place Rogier soit réaménagée pour l’arrivée du personnel de la Tour Dexia, en juin 2006. A sa demande, le bureau d’études Clerbaux-Pinon avait concocté un projet. Celui-ci prévoyait notamment un dôme transparent à la place de l’actuelle pyramide.

Seulement voilà, Pascal Smet (SP.A), ministre bruxellois des Travaux publics, estimait avoir aussi son mot à dire. La place étant cerclée de voiries régionales. Et située en un point stratégique de la capitale, sur la Petite ceinture, proche du centre-ville et de la gare du Nord. Le ministre avait donc lancé l’idée d’un concours international d’architecture afin d’imaginer un projet idéal. En prenant le risque de retarder son réaménagement, au grand dam du bourgmestre tennoodois Jean Demannez (PS).

Finalement, un compromis a été trouvé entre le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS), Pascal Smet et Jean Demannez. Les différentes parties sont parvenues à répartir les tâches et les budgets. Et la formule du concours a finalement été acceptée.

La commune est essentiellement chargée du sous-sol de la place et est redevenue propriétaire des anciennes « Pyramides ». Cet espace va, comme prévu, devenir une salle polyvalente pouvant accueillir 1.000 personnes. Les hôtels voisins pourront y organiser des congrès. Et les différentes communautés de Saint-Josse pourront y organiser mariages et fêtes, sans gêner les riverains. La commune assurera aussi le réaménagement des quartiers voisins : boulevard Saint-Lazare, rue de la Gineste et rue de Brabant. La Région s’occupera de la surface de la place et des voiries régionales, du renouvellement des espaces et accès au métro, ainsi que de la coordination des projets relatifs à l’axe Nord-Sud.

Définir un projet global

Dès ce mois de janvier, un comité d’accompagnement va être désigné pour définir un projet global. La commune de Saint-Josse, la Ville de Bruxelles, la Région, les habitants, les hôtels et d’autres intervenants privés présents sur le site y auront droit de citer. Le bureau d’études Clerbaux-Pinon sera également concerté. Ainsi que la secrétaire d’Etat en charge de l’Urbanisme, Françoise Dupuis (PS).

C’est la commune qui présidera le jury chargé de désigner le projet lauréat. Celui-ci devrait être choisi pour juillet 2006. Les permis devraient être délivrés en février 2007 et le chantier débuter en avril de la même année pour se terminer en 2008. Soit bien après l’arrivée du personnel de la Tour Dexia...

Question budget, le réaménagement de la surface de la place et des voiries régionales, ainsi qu’une partie de l’installation des puits de lumière vers le sous-sol coûteront quelque 15 millions d’euros à la Région. Le financement de l’espace souterrain, à charge de la commune, devrait coûter 12,5 millions d’euros, en partie financés par les charges d’urbanisme. Saint-Josse gagne ainsi dans l’affaire quelque 10 millions d’euros. « C’est un win-win, commente Charles Picqué. Il était normal que la commune souhaite avancer. Elle avait en ce sens déjà fait sa part de boulot. La Région voulait quant à elle un projet cohérent par rapport à l’aménagement du territoire. »

Chacun sort donc apparemment la tête haute...

ANNE-CÉCILE HUWART
Le Soir du 11/01/2006


Appel à candidatures pour le réaménagement de la place Rogier

La Région bruxelloise a lancé, dans le « Moniteur belge » et le « Journal officiel des Communautés européennes », un appel à candidatures pour le réaménagement de la place Rogier et du tronçon de la Petite Ceinture situé entre la rue Gineste et le boulevard du Roi Albert II. Parmi les candidats qui se seront manifestés, une commission d'experts externes en désignera cinq, qui seront appelés à concourir pour le réaménagement de ce nœud de communications et d'activités, située entre la gare du Nord et la rue Neuve. Le concours porte aussi sur les espaces métro et les liaisons de la place avec les quartiers voisins. Les candidats ont jusqu'au 1er mars pour s'inscrire. Une définition détaillée des exigences, ambitions et timing à respecter a été rédigée par une commission d'accompagnement, composée de représentants de la Région, des communes de Bruxelles-Ville et Saint-Josse, des comités de quartier ainsi que de partenaires privés riverains : hôteliers, Dexia…

Le ministre régional des Travaux publics, Pascal Smet (SP.A), a indiqué qu'il souhaite dévoiler le vainqueur le 21 juillet. Celui-ci disposera alors de cinq mois pour élaborer son avant-projet. Il devra ensuite introduire sa demande de permis de bâtir au début de l'année prochaine, pour que les travaux puissent débuter avant l'été 2007. Objectif : achever le chantier en 2008.

Chaud partisan des concours de ce type, M. Smet réitère donc ici l'opération déjà menée pour la place Flagey, à Ixelles : interrompre une procédure en cours et relancer un appel à candidatures, à faire départager par un jury. Dans le cas de la place Rogier, cette volonté s'était heurtée à la commune de Saint-Josse, qui avait déjà bien avancé dans un projet de réaménagement de la place, jugé archaïque par le ministre, car il faisait selon lui la part trop belle au trafic automobile. Mais M. Smet avait été soutenu du côté de Bruxelles-Ville, où certains estimaient indispensable de mener une réflexion plus large, sur l'interconnexion de la place avec son environnement, notamment dans le cadre du vaste projet de réaménagement des boulevards de l'axe Nord-Midi. Ainsi que dans le monde associatif, qui avait déjà fait pression en ce sens à Flagey. Mais un compromis a pu être trouvé entre Région et commune, qui gèrent donc finalement la procédure en concertation. Et qui se sont partagé la tâche. Les accès métro et la surface, en bonne partie constituée de voiries régionales, sont supervisés par la Région. Tandis que la commune s'occupe des anciennes « Pyramides », en sous-sol, dont elle est récemment redevenue propriétaire et qui deviendront une salle polyvalente pouvant accueillir 1 000 personnes, accessible pour les congrès organisés par les hôtels mitoyens, mais aussi pour des mariages, fêtes, etc. Saint-Josse se charge par ailleurs du réaménagement des environs de la place Rogier, dont les rues Gineste, de Brabant, Saint-Lazare…

De quoi, en principe, transformer un contre-exemple du bon aménagement de l'espace public en un adjuvant positif au redéploiement urbanistique qui s'achève dans l'Espace Nord et qui va bon train entre la rue de Brabant et la rue Neuve.

© Immoscan.be Dernière mise à jour : 24/02/2006