mardi, juillet 25, 2006

Une société sous-loue une salle communale pour laquelle elle n'a aucune autorisation



SAINT-JOSSE "Nous avons perdu 6.000 euros le jour de la fête nationale", peste Fares Manners. Avec deux associés, il avait organisé pour le 21 juillet la Pyra one beach party aux pyramides Rogier. Tout avait l'air en ordre mais deux jours auparavant, il apprend que la fête ne pourra se dérouler à l'endroit initial à cause d'une absence d'autorisations. "À la commune, au service d'Urbanisme, on nous a expliqué que cela faisait plusieurs mois que l'administration envoyait des recommandés à la société Golfimmo, locataire des lieux, pour qu'elle se mette en ordre, déclare encore Fares Manners. Pourtant, des mariages turcs y sont souvent organisés... Ce n'est pas normal. C'est encore une histoire politique juste avant les élections. Les mariages turcs, cela rapporte plus de voix ! Nous avons déménagé dare-dare et avons perdu beaucoup de clients."

Au cabinet du bourgmestre Jean Demannez (PS), on nous répond que, pour l'instant, la salle est en travaux et qu'il n'y a aucune autorisation, officielle ou tacite, pour organiser quelque soirée que ce soit aux pyramides qui, rappelons-le, appartiennent à la commune...

En fait, jusqu'en 2005, les pyramides de la place Rogier étaient le passage obligé de nombreux festivals et congrès. Propriétaire du lieu, la commune de Saint-Josse, avait cédé en 1987 un droit d'emphytéose à la Communauté française portant sur un espace de 4.800m2. En 1991, elle avait elle-même cédé pour partie son droit réel d'emphytéose à la S.A. Loisirs modernes afin que celle-ci y installe un centre de congrès après rénovation.

Mais voilà, de rénovations lourdes, il n'y en a pas eues. Et les sociétés gestionnaires des lieux se sont succédé. Et en décembre dernier, la Communauté française a finalement renoncé à ses droits d'emphytéose. Les pyramides sont revenues dans le giron communal. La gestion des lieux a ensuite été confiée à une société immobilière, Golfimmo. Qui propose des espaces à la location pour des expositions, des fêtes ou des événements. Et qui a été injoignable toute la journée de lundi.

Fin mai-début juin, Golfimmo entre en contact avec Gaetan Decremer, qui a travaillé plusieurs années aux pyramides.

"Je pensais que la salle avait repris du service d'après les échos de certaines connaissances et d'après des gens de la commune, explique Gaetan Decremer. J'ai donc proposé de leur trouver des clients. La première soirée devait avoir lieu vendredi. Ma surprise fut totale lorsque j'ai appris mercredi dernier de Golfimmo que nous ne pouvions pas l'organiser."

Finalement, Fares Manners et ses associés sont les dindons de la farce. Ils rencontreront Gaetan Decremer dès demain pour résorber leur déficit. Une question reste sur leurs lèvres : "Comment se fait-il que la commune laisse organiser certains événements sans autorisations ou qu'elle nie être au courant de leur organisation alors qu'une bâche promeut la location de l'endroit à l'extérieur ?"

Mateusz Kukulka
La Dernière Heure 25 juillet 2006


Pyramide

Pas de papiers, pas de soirée

"Location pour expositions-fêtes- évènements, contactez, le..." proclame la banderole placée devant la pyramide de le place Rogier. Le problème, c'est que formellement, pour la commune, rien ne peut y être organisé faute des autorisations nécessaires ! Un gestionnaire peu scrupuleux risque des problèmes...
Ca un organisateur privé l'a appris à ses dépends peu avant le 21 juillet : " J'avais loué la salle à Golfimmo pour une soirée de fête nationale : 600 euros, raconte Fares Manners. Mais deux jours avant, j'ai appris de la commune qu'il n'était pas question, alors qu'on y organise des mariages turcs... électoralement plus rentables !"

UN ECHANGE

Débrouillons l'écheveau : propriété communale, cette pyramide a vu sa gestion "confiée à Golfimmo par échange avec celle de la salle Damla, rue Potagère. Les fêtes et mariages turcs y étaient sources de fricyions avec le voisinage, d'où cette proposition d'échange", dit le bourgmestre. La commune reprend ainsi la gestion rue Potagère " en vue d'un centre d'animation européen. D'autre part, nous sommes demandeurs d'une gestion temporaire des sous-sols de la place Rogier, à restaurer dans le cadre de la rénovation de la place. D'où la proposition accèptée par Golfimmo."

Le problème, c'est que cette gestion temporaire est stictement subordonnée " à deux conditions : un, des travaux d'aménagement d'aménagements légers. Deux surtout, une autorisation d'exploitation des pompiers, question sécurité. Or, nous n'avons reçu aucun écrit de Golfimmo, malgré des mois de demandes".

Conclusion ? "pas de "papier", pas de soirée. J'ai été surpris d'apprendre deux jours avant le 21 cette soirée prévue le 21 juillet. D'où ma réaction de faire répéter l'interdiction d'y organiser des événements. Actuellement ! Dommage pour l'organisateur, mais il pourra se retourner sur Golfimmo".

Qui est resté muet, malgré nos demandes d'explications, car il nous revient que d'autres soirées à l'insu du propriétaire communal y ont été organisées. " Ce qui me choque", répond le bourgmestre, " ce n'est pas la banderole proposant des contacts pour des événements. Aprés tout, ceux-ci se prévoient des mois à l'avance, largement le temps pour nous d'obtenir les formalités demandées. Mais qu'on agisse ainsi dans notre dos, ça pas question."
Pas dit que Golfimmo restera gestionnaire...


Laurent Wilen
La Capitale 26 juillet 2006 (via le blog de Rachid Z)


Le mystère de la pyramide turque et du pharaon Demannez - épisodes précédents
  1. 21/07 Décidément, la situation à Saint-Josse ne s’améliore guère, bien au contraire ! (Rachid Z)
  2. 23/07 Une bien étrange affaire de salle de fêtes "non-Turcs s'abstenir" (Frédéric Jottrand)