mardi, octobre 03, 2006

Appel à un cordon sanitaire contre les candidats d'extrême-droite et ultranationalistes

APPEL COMMUN
AUX ELECTEURS DEMOCRATES

de quatre organisations
(arménienne, assyrienne, kurde et turque)
issues de l'exil politique en provenance de Turquie


Les élections communales approchent… En tant qu'organisations (arménienne, assyrienne, kurde et turque) issues de l'exil politique en provenance de Turquie, nous nous réjouissons de la présence de dirigeants politiques belges lors des manifestations 0110 pour la tolérance et contre le racisme qui se sont déroulées ce 1er octobre.

En effet, il s'agit d'une contribution très importante au renforcement du cordon sanitaire contre la menace de l'extrême-droite.

Toutefois, nous tenons à exprimer notre déception face à la surdité scandaleuse de ces mêmes dirigeants politiques par rapport aux avertissements à propos de la menace d'une autre extrême-droite.

Il y a plus d'un mois, un citoyen démocrate s'écriait dans sa carte blanche:

"Face à la montée électorale de l'extrême droite, les partis politiques traditionnels - dits 'démocratiques' - tentent d'imposer un cordon sanitaire. Isoler et marginaliser le Vlaams Blok/Belang et le Front national est l'objectif de ce 'cordon'… Seulement voilà : il y a extrême droite et extrême droite, nationalistes et nationalistes! Force est aujourd'hui de constater que le cordon sanitaire cible uniquement l'extrême droite belge. Mais ceux qui se revendiquent d'un corpus dogmatique rétrograde, xénophobe, ultranationaliste et inégalitariste ne sont pas toujours des 'fachos' ou des racistes belges (de souche). D'autres candidats du 'même type' se retrouvent dans diverses communes sur des listes PS, MR, FDF ou CdH. Avec à chaque fois, pour ces partis, l'objectif opportuniste de s'attirer les voix de leurs compatriotes. Cette attitude est scandaleuse, mais reste, hélas, de la 'realpolitik' pour ceux qui persistent pourtant à scander 'Non à l'extrême droite'. Nous l'aurons compris, il y a extrême droite et extrême droite. (Alexandre Vick, Membre de la rédaction du journal antifasciste "Résistances", Le Soir, 26 août 2006)

En effet, il y a plus de six mois, lors d'une conférence de presse organisée le 10 mars 2006 à la Maison des Parlementaires, à l'occasion du 35e anniversaire du coup d'état militaire de 1971 en Turquie, nos organisations avaient lancé le cri d'alarme suivant:

"Encouragé d'une part par la soumission des gouvernements européens aux chantages d'Ankara, et d'autre part, par le fait que plusieurs dirigeants n'hésitent pas à marchander avec les missions diplomatiques et les organisations d'extrême droite turque pour obtenir quelques voix de plus dans les villes et quartiers habités par les ressortissants turcs, le régime turc s'ingère de plus en plus dans la vie sociale et politique des pays comme la Belgique. Les élus d'origine turque participent ouvertement aux manifestations négationnistes en dépit de la position contraire de leurs partis politiques."

Les hommes politiques belges participant à cette conférence avaient entièrement partagé notre souci et avaient exprimé leur détermination d'exiger un respect total des droits de l'Homme pour que la Turquie puisse devenir membre de l'Union Européenne et de rester vigilants contre l'ingérence du régime d'Ankara dans la vie politique belge.

Hélas! Aujourd'hui, les dirigeants des partis politiques traditionnels - dits "démocratiques"- se montrent très fiers d'avoir placé des dizaines de candidats d'extrême-droite et ultranationalistes sur leurs listes électorales, y compris ceux qui ont participé plusieurs fois aux manifestations négationnistes et qui ont fait des déclarations menaçant les dirigeants de leurs partis qui osent critiquer le négationnisme du régime d'Ankara.

Encore plus grave, certaines têtes de liste des partis comme le CD&V, CdH, FDF, MR, PS et Sp.a , y compris la ministre de la Justice, n'hésitent pas à honorer ces candidats personnellement en conduisant leur campagne électorale dans les rues de Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Bruxelles-Ville, Anvers et Gand, accompagnés de ces gens au service du régime répressif d'Ankara. Malheureusement les dirigeants de ces partis se taisent devant ce comportement scandaleux dans l'espoir de pouvoir récupérer quelques votes d'un électorat otage d'un état étranger.

En tant qu'organisations défenderesses des droits de l'Homme et des peuples tant en Turquie qu'en Belgique, nous attirons par le présent communiqué l'attention des citoyens démocrates sur les dangers post-électoraux générés par ce comportement scandaleux en les appelant à ne pas voter pour les listes comprenant des candidats d'extrême-droite et ultranationalistes.

Le cordon sanitaire… Il est absolument nécessaire, non seulement contre le VB ou FN mais également contre toutes les variétés de l'extrême-droite ou de l'ultranationalisme quelle que soit son origine.

Bruxelles, le 3 octobre 2006

BOGOS BOGOSIAN
L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
aadb.asbl@hotmail.com

NAHRO BETH-KINNE
Les Associations des Assyriens de Belgique
nahro.beth-kinne@scarlet.be

DOGAN ÖZGÜDEN
La Fondation Info-Türk
fondation@info-turk.be

DERWICH M. FERHO
L'Institut kurde de Bruxelles
kib@skynet.be